AccueilActualitésLa recherche s’essaie à quantifier le bien-être dans une opération d’aménagement

La recherche s’essaie à quantifier le bien-être dans une opération d’aménagement

Peut-on quantifier le bien-être dans une opération d’aménagement ? Au-delà des indicateurs plus classiques (surfaces construites, coûts, programmation…), cette donnée s’impose progressivement dans les réflexions sur la fabrique de la ville. En France comme à l’international, chercheurs et praticiens cherchent à objectiver les effets des projets urbains sur la qualité de vie des habitants.

Approches et travaux de l’APUR

Ces travaux explorent les thèmes de la santé, l’espérance de vie, la réduction des nuisances, le renforcement des liens sociaux, la préservation de la biodiversité ou encore la diminution des inégalités. Autant d’éléments difficiles à appréhender, mais qui participent pleinement de la valeur produite par l’aménagement.

Ces approches posent toutefois certaines questions : comment quantifier ces effets ? Selon quels critères ? Et surtout, comment les traduire concrètement dans les projets et les politiques publiques ? C’est dans ce contexte que l’Apur, l’agence d’urbanisme parisienne, a récemment réuni chercheurs, techniciens et citoyens autour d’un cycle d’ateliers consacré à la mesure du bien-être dans l’aménagement, en s’inspirant notamment des exemples du Grand Londres, du Grand Genève, de la Région-Capitale de Bruxelles, de Montréal, de Copenhague, du Pays de Galles, des métropoles grenobloise, lyonnaise, rennaise, de Clermont-Ferrand ou encore d’Aix-Marseille.

Il ressort de leurs travaux un intérêt croissant pour cet enjeu dans la plupart des villes européennes, mais aussi pour le développement d’une méthode de mesure de ces bénéfices dans les opérations urbaines, pouvant aider à éclairer les décisions publiques et communiquer sur les bienfaits. “Les ateliers ont mis en évidence le potentiel transformateur d’une culture du bien-être dans l’aménagement. Celui-ci n’est plus seulement envisagé comme une production de m², mais comme une production de conditions de vie et de résilience, intégrant santé, liens sociaux, biodiversité, régulation et participation habitante”, selon le document.

Ces éléments interrogent également la manière de valoriser le bien-être dans les projets d’aménagement, et donc de l’inscrire dans les politiques publiques. Cela pose la question de l’échelle pertinente : le document questionne l’établissement d’une stratégie territoriale partagée à travers le schéma de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme, plans climat, démarches de santé environnementale, stratégies de résilience, schémas directeurs sectoriels… “L’intégration du bien-être dans l’aménagement urbain requiert l’explicitation des dimensions fondant le socle du bien-être en ville à une échelle large (métropolitaine par exemple), tout en appelant à une opérationnalisation à l’échelle de territoires de projets et de quartiers vécus.” Les chercheurs insistent notamment sur la nécessité de connaissance et une compréhension fine des spécificités locales.

Ils soulignent par ailleurs que la prise en compte de la donnée bien-être peut-être réalisée à toutes les étapes des opérations : programmation, conception, construction, après livraison. “L’exploitation, la gestion, la sécurité et le soin apporté à la maintenance des quartiers une fois livrés représentent une dimension fondamentale de l’évaluation du bien-être dans les opérations d’aménagement.” De plus, l’Apur insiste sur la nécessité de participation des habitants et de l’ensemble des parties prenantes à tous les stades du projet.

Consulter le compte-rendu de l’Apur : https://www.apur.org/sites/default/files/2026-02/Ateliers_Bien_etre_urbain_grand_paris.pdf?openfile_analytics=19738

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